L’intérêt de la sexothérapie dans la médecine

16 janvier 2020 0

Suite à vos demandes, nous avons regroupé dans deux articles l’ensemble de l’intervention de notre psychothérapeute, Corinne Riest, lors de notre conférence sur « L’intérêt des thérapies complémentaires en médecine ».

Voici toutes les informations sur la complémentarité entre la sexologie et la médecine. Cliquez ici pour lire le deuxième article sur « La complémentarité entre la psychothérapie et la médecine ».

 

Le psychothérapeute formé à la sexologie qu’on peut appeler sexothérapeute ou sexologue fonctionne parfois en lien avec un andrologue, un urologue, un gynécologue, plus rarement cette fois avec le médecin généraliste.

La sexologie est une psychothérapie ayant pour objet principal la sexualité.

Et cette complémentarité n’est pas non plus à négliger puisque dans les problématiques d’ordre sexuel, surtout celles qui durent dans le temps, une cause psychologique est décelée.

sexothérapie et médecine
Pour les hommes

Les principaux troubles sexuels liés au médical sont pour les hommes le trouble érectile, l’anéjaculation qui est une absence d’éjaculation, l’éjaculation prématurée ou précoce, les douleurs lors du rapport sexuel et le manque de désir.

Prenons par exemple le trouble érectile qui est la première problématique manifestée chez les hommes. Cet homme pourra consulter un urologue ou d’un andrologue puisque ces deux médecins traitent ce trouble, qui lui même pourra solliciter son patient à faire des séances de sexothérapie s’il perçoit un problème psychologique plutôt que physiologique. Ou les deux associés. 

Et le sexologue de son côté si l’homme n’a pas consulté de médecin auparavant sera sensible à ce que soit écarté les problèmes hormonaux, de diabète, d’hypertension, de prise de poids, de surconsommation d’alcool ou de tabac, de prise de médicaments, des problèmes cardiovasculaires, etc… pouvant altérer la fonction érectile

Chez les hommes de moins de 30 ans, ce sera plus une consommation d’alcool ou de drogues même douce qui sera vérifiée.

Le médecin requérant ainsi ce rôle important de soulager, avec des médicaments tels Cialis, Levitra ou Viagra, les symptômes de son patient afin que sa sexualité puisse repartir plus apaisée, plus en confiance surtout et que le couple ne souffre pas trop de cette problématique.

Et le sexologue vérifiera le stress de cet homme. Sachant qu’un stress important professionnel par exemple peut suffire à altérer la fonction érectile.

Un point en couple sera également cruciale puisque dans toute problématique sexuelle féminine ou masculine cela devient, pour le sexothérapeute le problème de couple et ainsi appréhender comment c’est vécu des deux côtés.

Évaluer si la problématique masculine peut être une cause ou une conséquence d’une fragilité dans le couple, par exemple une angoisse de performance chez cet homme, et une dévalorisation liée à cette problématique sexuelle chez la partenaire se sentant alors comme non désirable et créant chez cette personne un non désir. Mais ce pourrait être aussi l’inverse, le non désir chez une femme entraînant un trouble érectile chez son partenaire et c’est une spirale qui se crée. C’est pour cela que mettre le focus sur le couple est fondamental.

Le sexologue permettra alors la mise en lumière des difficultés de chacun et ainsi aider à la mise en place d’une sexualité dans un premier temps repensée et un peu différente en fonction des désirs et des attentes de chacun. La psychothérapie sera aussi une manière de comprendre ce que cette problématique a à dire dans le couple, et ainsi y apporter sa résolution.

Pour le cas ou l’andrologue ou l’urologue aurait connaissance d’une possible addiction sexuelle aux images pornographiques par exemple chez son patient, il ne manquera pas de solliciter l’apport de séances chez un sexothérapeute puisque cette addiction pourra aussi être une cause d’un dysfonctionnement de la fonction érectile dans les relations avec l’autre. 

 

Pour les femmes

Le psychothérapeute sexologue fonctionne parfois aussi en lien avec un gynécologue.

Les principaux troubles sexuels liés au médical sont pour les femmes le vaginisme (impossibilité de pénétration), l’anorgasmie (l’absence d’orgasmes), les dyspareunies (douleurs lors du rapport sexuel), les difficultés sexuelles après un accouchement etc…

Prenons par exemple les dyspareunies, donc les douleurs, cette femme pourra directement solliciter l’aide d’un gynécologue qui fera un examen approfondi de l’appareil génital de sa patiente, constater le problème et le traiter médicalement.

Si en revanche le problème physiologique est écarté il sollicitera de sa patiente quelques séances de sexologie puisqu’une raison psychologique aura été décelée.

Le sexologue pourra constater un manque de désir par exemple, un manque d’intérêt pour la sexualité engendrant de ce fait des douleurs. Problématique la plus répandue chez la femme.

Et c’est ainsi que, comme pour la sexologie masculine, la personne pourra être prise en charge par un sexothérapeute qui la recevra seule et, ensuite, également en couple, afin de voir au sein du couple comment cela est vécu et si la problématique féminine est une cause ou une conséquence d’une fragilité dans le couple par exemple.

De la même manière le gynécologue sera en mesure de détecter un vaginisme naissant ou installé puisque l’examen et l’introduction du spéculum dans le vagin ne sera pas possible ou tout du moins que partiellement parfois.

Et comme les raisons d’un vaginisme sont pratiquement toujours psychologiques pouvoir appréhender cette problématique sous le biais de la psychothérapie.

Quelle que soit la problématique féminine, le rôle alors du sexologue sera le même que pour les hommes, faire en sorte que la sexualité puisse repartir de manière différente et apaisée et que le couple ne souffre pas trop de cette problématique tout en mettant en œuvre la résolution de cette problématique. Voir aussi si d’autres stress sont présents dans la famille par exemple, avec les enfants, le travail, une grande fatigue et une vie peut-être un peu trop rapide.

On pourrait évaluer qu’un trouble sexuel peut se considérer comme tel si la persistance du problème dure depuis trois mois. En deçà rien n’est alarmant en soi. Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, on estime qu’un homme sur trois a ou aura des problèmes d’érection, et quasiment tous auront des difficultés sexuelles diverses et variées au cours de leur vie. Idem pour les femmes avec les divers troubles et principalement celui du désir. Ce qui n’est pas si alarmant puisqu’en général nous ne passons pas toute notre vie en parfaite santé, et que la sexualité fait bien évidemment partie de cette santé.

 

Je voudrais rassurer les couples qui rencontrent des problématiques sexuelles. Si ces difficultés ne sont pas laissées à l’abandon durant des années par exemple, en général, non  seulement ces difficultés sont résolues, mais elles n’entraînent pas de rupture dans le couple. Les ruptures pour raisons sexuelles arrivent lorsque la problématique sexuelle a altérer la relation de communication, d’entente et de complicité, d’amour aussi. C’est lorsque la relation est altérée par le problème sexuel que survient la rupture. La ciment du couple étant la relation et non la sexualité comme on l’évoque souvent.

 

Article rédigé par Corinne Riest, psychothérapeute.

 


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