L’intérêt de la psychothérapie dans la médecine


Suite à vos demandes, nous avons regroupé dans deux articles l’ensemble de l’intervention de notre psychothérapeute, Corinne Riest, lors de notre conférence sur « L’intérêt des thérapies complémentaires en médecine ».

Le texte suivant rassemble des informations sur la complémentarité entre la psychothérapie et la médecine, alors que dans le deuxième article on lira de « la complémentarité entre la sexologie et la médecine »

 

Le psychothérapeute fonctionne parfois en lien avec un psychiatre ou un médecin généraliste. Cette complémentarité n’est pas à négliger.

Ça pourra être le psychiatre ou le généraliste, qui sollicitera de son patient une psychothérapie en parallèle, ou l’inverse le psychothérapeute qui demandera l’aide médical du psychiatre ou du médecin selon la situation donnée.

Si l’on prends la dépression par exemple, qui entre dans le champ de la psychiatrie puisque la dépression est une maladie, le médecin pourra alors prescrire un traitement adéquat durant quelques mois. Le médecin requérant ainsi ce rôle important de soulager, avec les moyens médicaux à sa disposition, les symptômes de son patient afin que la vie redevienne un peu plus facile, que les liens sociaux ne se délitent pas trop notamment si l’arrêt du travail est nécessaire.

La psychothérapie quant-à elle pourra permettre la mise en mots de la souffrance, d’explorer les origines et trouver des moyens de se remettre doucement en mouvement en appréhendant les émotions, les pulsions, les pensées récurrentes, le comportement etc… elle aura un rôle de soutenant et de compréhension avec l’apport de moyens destinés petit à petit à la mettre plus à distance.

psychothérapie et médecine
La psychothérapie sera une manière de comprendre ce que ce mal-être dit de la personne, au sein du couple, de la famille s’il y a, mais surtout de mettre en lumière avec la personne ses propres ressources pour la soigner.

Concernant les autres troubles, chroniques ou permanents qui rentrent dans le champ également de la psychiatrie nous avons les troubles alimentaires, du sommeil, de l’attention, de l’état suicidaire, du trouble anxieux, addictif, obsessionnel.

Et plus ces troubles sont élevés au niveau de la récurrence et de l’intensité, donc handicapant à vivre, plus on est en mesure d’évaluer de manière précise s’il y a maladie ou non, et donc nécessité d’un médecin psychiatre ou non.

Si c’est le cas, celui-ci établira un diagnostic médical lors d’un examen psychologique, avec la possibilité d’un examen physique, de diverses analyses ou d’imagerie par exemple. Il sera alors une aide précieuse à cet effet et ce soutien pourra durer une année ou plus mais souvent de manière plus espacé, parfois tous les deux ou trois mois.

De nouveau la psychothérapie sera complémentaire d’une autre manière. Ne prenant pas en charge le traitement médicamenteux ou les divers examens réalisés, mais le prenant tout de même en compte dans le suivi thérapeutique, voire même pouvant en faire une évaluation au cours des semaines.

La psychothérapie de nouveau se basera sur la parole émise et libérée et sur les manifestations du corps. Ce sera un suivi de confiance, une alliance thérapeutique plus rapprochée, plus affective, plus basée sur la libération des émotions et sur l’appui humain. Ce sera aussi un travail de compréhension sur soi-même afin de pouvoir reprendre sa vie en main en ouvrant le champ des possibles.

Dans le cas de psychoses telles que la bipolarité, l’autisme, la schizophrénie, les états limites, la personne aura fondamentalement besoin d’un lien social et affectif avec le psychothérapeute. Et ce genre de soutien à plusieurs intervenants (à savoir psychiatre, généraliste, psychothérapeute, infirmiers et plus parfois), pourra durer des années, dans le cas de ces troubles.

Bien évidemment qu’en étant psychiatre celui-ci pourrait également endosser le rôle de psychothérapeute, bien que nous n’ayons pas les mêmes savoirs ni études et formations, simplement le psychiatre est justement un médecin, sa visite n’excède pas 20 ou 30 min en général, son nombre de patients est exorbitant par rapport au psychothérapeute, il n’a donc pas le temps de prendre en charge cet aspect là pourtant fondamental du soin. C’est pourquoi l’intérêt de cette synergie entre nous soignants, pour le bien de la personne en souffrance est capital puisque chacun a son propre rôle bien défini à y jouer.

Pour donner un chiffre, selon l’organisation mondiale de la santé 50% de la population mondiale serait amenée à souffrir d’un trouble psychique au cours de son existence sous forme d’addiction à l’alcool, ou autres substances psycho-actives, ou à des troubles anxieux ou dépressifs.

Il y a donc du travail sur la planche pour s’occuper de tous ces gens qui peuvent être n’importe qui d’entre nous, à n’importe quel moment de notre vie. La complémentarité entre tous ces acteurs de la vie du patient (qui s’étend à bien d’autres disciplines encore) est indispensable, autant sur le plan humain que sur l’intérêt de ces disciplines bien sûr.

 

Rédigé par :

Corinne Riest, psychothérapeute

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